Un autre regard sur... Charlie hebdo et les caricatures.
Même si l'issue du procès ne faisait aucun doute, on peut tout de même se dire que la liberté d'expression a encore un avenir. Pas forcément radieux mais un avenir quand même.
Pas forcément radieux car il est inquiétant que la plainte ait été jugée recevable par un tribunal. Cela entérine en effet la possibilité pour un individu ou un collectif de remettre en question le droit, a priori innaliénable à la liberté d'expression dans les médias.
Est-il responsable de laisser entendre à certaines sensibilités archaïques qu'il est désormais possible de remettre en cause les acquis démocratiques allant à l'encontre de leurs convictions!?
Sans doute est-il aisé pour un déiste tel que moi tenir ce type de propos. On pourra m'opposer que je ne me réclame d'aucune obédience spécifique et qu'à ce titre je ne saurai me sentir "offensé" dans mes croyances et dans mes convictions. Ce qui serait finalement léger et discriminatoire puisque j'ai une pleine acceptation et un profond respect du sacré.
J'ose donc qualifier de sensibilités archaïques les sensibilités qui réfutent le caractère laïc et indépendant de la presse. Dès lors, en ma qualité de citoyen français je ne peux m'empêcher de ressentir la tenue de telles procédures comme une menace latente pesant sur ma liberté. Je ne peux ni comprendre ni accepter que ma liberté intellectuelle se limite aux revendications de certains contingents.
Je ne fais pas le procès de la foi musulmane. Je n'en ai ni le droit, ni la compétence. Je suis même de ceux qui souhaiteraient un engagement financier des collectivités pour permettre l'érection de lieux de cultes dignes de ce nom.
A l'heure de la radicalisation des idées, la communauté musulmane gagnerait tout à se structurer et à se revendiquer laïque et républicaine sans aucune ambigüité. Ce serait la meilleure façon de prévenir les amalgames doûteux et que certaines "sensibilités archaïques" s'expriment au nom de la communauté.
Eva
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